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L’amortissement comptable

L’amortissement comptable est une technique de comptabilité. Elle permet d’étaler la charge d’un achat sur plusieurs exercices, en fonction de la nature du bien acquis, et de sa durée prévue d’utilisation par l’entreprise. L’amortissement est le reflet, dans la comptabilité de l’entreprise, de la dépréciation d’un bien (usure ou obsolescence), et du besoin naturel de renouvellement. Il a des incidences financières, économiques, fiscales, mais aussi juridiques, sur la situation de l’entreprise.

Dans cet article, Valoxy, cabinet d’expertise comptable dans les Hauts de France, fait un point général sur la notion d’amortissement comptable

 

A quoi sert l’amortissement comptable ?

La durée d’utilisation des biens achetés par une entreprise diffère selon leur nature. Certains biens comme les matières premières ou les services se consomment dans les semaines qui suivent leur achat. (quelques mois tout au plus). On les comptabilise directement en charge.

D’autres, comme les biens immobiliers (machines, immeubles, …) ont une période d’utilisation beaucoup plus longue, qui s’étale sur plusieurs exercices.

Le plan comptable général prévoit d’étaler la charge que représentent ces achats sur plusieurs exercices grâce à la technique de l’amortissement.

Pour bien comprendre ce qu’est un amortissement, il est nécessaire de différencier :

  • l’impact financier de l’achat qui correspond à l’enregistrement comptable du paiement. Il est immédiat. Il ne peut se répartir sur plusieurs exercices. En effet, sauf cas particulier, les achats se payent en totalité sur un seul exercice. L’achat aura donc une influence sur la trésorerie immédiate de l’entreprise.
  • la charge de l’achat, c’est-à-dire la baisse de résultat qui résulte d’un achat et qui peut s’étaler (comptablement) sur plusieurs exercices grâce à l’amortissement.

En effet, les règles de l’amortissement « définissent » la durée d’utilisation d’un bien, et autorisent ainsi l’entreprise à étaler la charge que représente l’achat d’un investissement sur plusieurs exercices comptables.

Au final, l’amortissement permet de constater la quote-part de valeur qu’un bien perd pendant un exercice du fait du temps (une vielle machine vaut moins cher qu’une neuve, même en bon état), de son utilisation (usure) et de son vieillissement (obsolescence technique souvent due aux évolutions technologiques).

Les règles comptables obligent à comptabiliser un amortissement pour chaque bien présent à l’actif du bilan, afin de tenir compte de sa dépréciation. Le montant de l’amortissement est déterminé selon des règles comptables qu’il est interdit de transgresser pour modifier le résultat comptable de l’exercice, même si l’entreprise réalise une perte.

 

Pourquoi amortir les immobilisations dans la comptabilité ?

La comptabilisation d’une facture d’achat de matériel se fait dans un compte d’immobilisation (au débit d’un compte de classe 2), ainsi cette écriture comptable n’a pas d’impact sur le résultat de l’entreprise.

A la fin de l’exercice, lors de l’établissement des comptes, le bien apparaît à l’actif du bilan (qui représente ce que l’entreprise possède) à sa valeur d’achat, alors que sa valeur d’usage a déjà  baissé du fait de son utilisation depuis le moment où on l’a acheté. Il est par conséquent nécessaire de constater cette dépréciation en faisant apparaître une charge correspondant à la dépréciation du bien. Cette opération devra être faite à la fin de chaque exercice tant que le bien aura une valeur comptable non nulle.

 

La comptabilisation d’une dotation aux amortissements permet à la fin de chaque exercice de :

Ces comptabilisations régulières permettent d’étaler sur plusieurs années la charge de l’acquisition d’un bien.

Remarque : seules les immobilisations qui se déprécient de manière irréversible à cause du temps, de leur utilisation et/ou de leur vieillissement font l’objet d’un amortissement comptable (machines, logiciels, mobilier, véhicules, …). Les biens dont la dépréciation n’est pas établie ou n’est pas irréversible (terrain, dépôt de garantie, fonds de commerce, placements, ….) ne peuvent pas être amortis.

 

Comment comptabiliser une dotation aux amortissements ?

Nous avons vu que l’immobilisation à amortir figurait au débit d’un compte de classe 2. Pour diminuer sa valeur on créditera un compte similaire du montant de la dotation aux amortissements. La numérotation de ce compte sera identique à ceci près qu’un « 8 » sera inséré en deuxième position.

Par exemple l’amortissement d’un matériel de transport se fera dans le compte 28182. En contrepartie, un compte de charge sera débité pour comptabiliser la charge : le compte 6811, Dotation aux amortissements.

Exemple :

L’écriture comptable suivante enregistre une dotation totale de 8 000 euros pour 4 biens différents :

  • Un matériel industriel pour 2 000 euros (comptabilisé dans le compte 2154)
  • Un outillage industriel pour 750 euros (comptabilisé dans le compte 2155)
  • Un véhicule pour 5 000 euros (comptabilisé dans le compte 2182)
  • Un mobilier pour 250 euros (comptabilisé dans le compte 2184)

 

Comment calculer le montant de la dotation aux amortissements ?

Bien qu’il existe plusieurs modes de calcul de l’amortissement comptable, nous n’utiliserons dans cet article que le plus simple : l’amortissement linéaire. (Voir notre article Les différents types d’amortissement possibles).

En plus de l’amortissement linéaire, il existe d’autres modes de calcul de la dotation aux amortissements : dégressif, dérogatoire (ou fiscal), et, selon les périodes, le sur-amortissement exceptionnel.

L’amortissement linéaire consiste à répartir la charge d’achat de l’immobilisation de manière régulière tout au long de sa durée de vie.

Lors de l’exercice comptable pendant lequel le bien a été acheté, la dotation aux amortissements (du premier exercice) se calcule au prorata temporis, afin de ne prendre en compte que le nombre de jours pendant lesquels l’entreprise a possédé le bien. Inévitablement, la dotation aux amortissements de la dernière année sera, elle aussi , calculée au prorata temporis pour compléter la durée prise en compte lors de la première année. Par mesure de simplification, il est possible de baser l’exercice comptable sur 360 jours.

Sur quelle durée faut il amortir un bien ?

En comptabilité, l’amortissement d’un bien commence le jour où celui-ci est opérationnel. En ce qui concerne la durée de l’amortissement,

  • le comptable doit estimer la durée de vie réelle du bien acheté,
  • et l’administration fiscale utilise un barème indicatif dont il est préférable de ne pas trop s’éloigner. Lorsqu’il se justifie, un contrôleur estimera acceptable un écart de l’ordre de 20%.

D’une manière générale, les durées d’amortissement les plus couramment admises par l’administration fiscale sont :

  • Bâtiments commerciaux : entre 20 et 50 ans,
  • Immeubles à usage de bureaux : 25 ans,
  • Bâtiments industriels : 20 ans,
  • Agencements et Aménagements : entre 10 et 20 ans,
  • Mobiliers : 10 ans,
  • Matériels: entre 7 et 10 ans,
  • Matériels de bureau: entre 5 et 10 ans,
  • Outillages : entre 5 et 10 ans,
  • Brevets: 5 ans,
  • Véhicules automobiles : entre 4 et 5 ans,
  • Ordinateurs : 3 ans.

 

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