On parle souvent d’inclusion, on affiche des engagements, mais au quotidien, qui agit concrètement ? Le référent handicap en entreprise agit pour faire réussir le recrutement, accompagne l’accueil ou le maintien dans l’emploi de personnes en situation de handicap, et sensibilise l’entreprise au quotidien. Mais son rôle est aussi capital dans la formation.
Valoxy Academy, organisme de formation agréé Qualiopi dans les Hauts de France, explique ici l’importance du référent handicap dans la formation.
Les personnes en situation de handicap et l’emploi
- 3,3 millions de personnes de 15 à 64 ans sont reconnues handicapées (Insee 2024).
- 45% des handicapés sont actifs, contre près de 75 % pour la population totale. Rappel : un actif est une personne qui occupe ou recherche un emploi (salarié ou indépendant). Les inactifs comprennent (principalement) les personnes au foyer, les retraités et les étudiants. (Observatoire des inégalités)
- 41 % ont un emploi, soit presque deux fois moins que la moyenne nationale.
- Parmi les handicapés qui occupent un emploi, 33 % travaillent à temps partiel, contre 17 % pour l’ensemble de la population. (Drees 2023)
- En 2024, le taux de chômage des personnes handicapées est de 12 %, contre 7,3 % sur l’ensemble de la population. (Insee 2024)
Ces chiffres attestent du déficit d’accès des personnes handicapées au travail. Et montrent donc le besoin de formations qualifiantes pour améliorer l’insertion professionnelle des handicapés.
Faire passer l’inclusion du discours à l’action
Depuis 2018, la désignation d’un référent handicap est obligatoire dans les entreprises de plus de 250 salariés. Mais … et qu’en est-il des autres entreprises ? Car l’enjeu dépasse largement la conformité !
Le référent handicap est celui ou celle qui est chargé d’orienter, d’informer et d’accompagner les personnes en situation de handicap. Il ou elle :
- perçoit et prend en charge les situations sensibles, souvent invisibles,
- traduit des besoins humains en solutions concrètes,
- rassure les managers,
- fait le lien avec des acteurs comme l’Agefiph ou le FIPHFP,
- sensibilise sans culpabiliser.
Il ou elle évolue dans une zone délicate : entre confidentialité, cadre légal, contraintes budgétaires, réalités opérationnelles….
Son rôle est de transformer une obligation réglementaire en opportunité d’équité. Car une entreprise qui sait intégrer le handicap est souvent une entreprise qui sait manager la diversité, prévenir les risques psychosociaux et fidéliser ses talents.
L’inclusion ne repose pas sur une personne !
Le référent handicap ne peut pas tout : l’inclusion est collective. Mais il est le déclencheur, le facilitateur et le garant d’une cohérence entre les valeurs affichées et les pratiques réelles…. pour que l’inclusion soit une réussite dans l’entreprise.
Parfois en portant des actions seules, parfois grâce à des interactions avec différents acteurs, comme les ressources humaines. Ce n’est pas un rôle symbolique, c’est une fonction de terrain. Et surtout, le référent handicap est un révélateur de maturité organisationnelle.
Son rôle est décisif dans les organismes de formation
Dans un organisme de formation, l’enjeu change de dimension. On ne parle plus seulement d’emploi, on parle d’accès au savoir. Et l’accès au savoir conditionne tout le reste :
- sans formation accessible, pas d’évolution.
- sans montée en compétences, pas d’employabilité durable.
- sans inclusion dans la formation, l’égalité des chances reste théorique.
Gardien et garant de l’accessibilité pédagogique
Dans un organisme de formation, le référent handicap n’adapte pas seulement un poste de travail. Il questionne :
- Le rythme des apprentissages,
- Les modalités d’évaluation,
- Les supports pédagogiques,
- L’animation en salle ou à distance,
- L’environnement numérique.
Il rappelle une vérité essentielle : l’égalité ne consiste pas à proposer la même chose à tout le monde, mais à permettre à chacun d’accéder aux mêmes chances de réussite.
Au-delà de la conformité Qualiopi
La certification Qualiopi impose aux organismes de formation la prise en compte des situations de handicap. Elle oblige aussi à formaliser une procédure, tracer les actions, structurer les partenariats. Mais si le référent handicap se limite à “cocher une case”, alors l’inclusion devient bureaucratique. Le référent handicap d’un organisme de formation engagé :
- anticipe plutôt que réagit,
- forme les formateurs pour :
- dédramatiser la déclaration d’un handicap invisible,
- créer un climat de confiance.
Il ne sécurise pas seulement un audit. Il sécurise des parcours de vie professionnelle.
Une posture exigeante
Être référent handicap, ce n’est pas être “gentil”.
- C’est être lucide, structuré, exigeant.
- C’est savoir dire à un formateur : “cette modalité exclut une partie de nos apprenants.”
- C’est savoir dire à une direction : “l’accessibilité a un coût, mais l’exclusion en a un plus grand.”
- C’est accepter d’être parfois inconfortable : car l’inclusion réelle interroge les habitudes, les plannings, les méthodes pédagogiques.
La place donnée au référent handicap dans une entreprise ou un organisme de formation parle d’elle-même :
- Est-il isolé ou soutenu par la direction ?
- Est-il consulté en amont ou sollicité en urgence ?
- Dispose-t-il de moyens ou seulement d’une mission sur le papier ?
Un référent handicap fort, reconnu et formé est souvent le signe d’une organisation mature.
Rendre le savoir accessible
Dans un organisme de formation, le référent handicap porte une responsabilité encore plus fondamentale : celle de rendre le savoir accessible. Et rendre le savoir accessible, c’est ouvrir des trajectoires professionnelles. C’est réduire les inégalités. C’est transformer durablement la société en participant concrètement, chacun à son niveau.
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