Le paiement par carte bancaire est aujourd’hui, en France, le moyen de paiement le plus utilisé, et a dépassé les espèces. Cependant, la numérisation des paiements comprend d’autres moyens de paiement que la carte. Ils se développent rapidement, grâce à de nouvelles technologies.
Quelles sont les alternatives à la carte bancaire ? Les paiements mobiles, les cryptomonnaies et les paiements en ligne par prélèvement bancaire vont-ils supplanter les petits rectangles de plastique ?
Valoxy, cabinet d’expertise comptable dans les Hauts-de-France, fait le tour des moyens de paiement… et leurs opportunités pour les entreprises.
Les moyens de paiement
L’article L. 311-3 du code monétaire et financier (CMF) définit comme moyens de paiement “tous les instruments qui permettent à toute personne de transférer des fonds, quel que soit le support ou le procédé technique utilisé”.
Ils comprennent :
- la monnaie fiduciaire d’une part,constituée des billets et des pièces, communément appelée “les espèces”,
- les moyens de paiement scripturaux d’autre part, dispositifs qui permettent le transfert de fonds entre des comptes ouverts auprès d’établissements de crédit, suite à la remise d’un ordre de paiement.
La fin du cash ?
Les principaux avantages des espèces, selon leurs utilisateurs, restent l’anonymat et la protection de la vie privée, l’immédiateté, une meilleure facilité de gestion, et son acceptabilité dans la plupart des situations.
L’utilisation des espèces pour les paiements a cependant diminué régulièrement depuis 10 ans dans les commerces de proximité en France. (Enquête Banque de France/BCE de 2025), Le nombre de transactions en espèces est en effet passé de 68% en 2016 à 43 % en 2024, au profit des cartes et des mobiles. (Voir notre article Un avenir sans cash ?)
La carte bancaire et les autres moyens de paiement
La carte bancaire est l’un des moyens de paiement scriptural le plus courant et pratique. (On parle ici du nombre de transactions effectuées, 52% avec la carte, et non de leur montant, à peine plus de 1%). Chaque année, environ six milliards de cartes de paiement sont créées.
Le nombre de transactions par carte bancaire progresse constamment. Mais les transactions sans numéraire ont également augmenté depuis la pandémie de COVID-19. Les consommateurs ont en effet cherché des moyens de payer sans avoir à toucher des espèces ou à utiliser des terminaux de paiement électroniques partagés. (Voir notre article Le TPE : comment se faire payer par carte bancaire ?)
Différentes technologies “émergentes”, telles que les paiements numériques mobiles, les cryptomonnaies, la reconnaissance faciale, le prélèvement bancaire en ligne, ou encore le portefeuille électronique, commencent déjà à offrir des alternatives intéressantes face aux paiements par carte.
Pourraient-elles révolutionner la manière dont nous payons pour les biens et services ? Leur adoption par le public – et les entreprises – dépendra de la sécurité, de la commodité et de la confiance que ces nouveaux moyens de paiement offriront aux utilisateurs.
Croissance des paiements en ligne
France et zone Euro suivent, selon la même enquête, une croissance identique des paiements en ligne. De 12 % des transactions en 2019, leur nombre total est passé à 25 % en 2024. Les habitudes de paiement des consommateurs européens ont en effet été fortement modifiées par la crise Covid. La numérisation des paiements est en marche :
- par prélèvement bancaire
L’utilisateur autorise le prélèvement directement sur son compte bancaire. Cela peut rendre les achats – notamment en ligne – plus pratiques qu’une carte bancaire.
- avec des portefeuilles électroniques
Les portefeuilles électroniques, tels PayPal, permettent aux utilisateurs de stocker des fonds en ligne et de les utiliser pour effectuer leurs achats en ligne.
- par reconnaissance faciale
Cette technologie permet aux utilisateurs de payer en utilisant leur visage pour l’authentification.
Augmentation exponentielle des paiements mobiles
Les utilisateurs payent leurs achats avec leur téléphone portable (smartphone ou tablette). Ils n’ont plus besoin d’une carte bancaire. Les paiements mobiles représentaient en 2025 autour de 15% des transactions par carte (contre 10% en 2023).
La sécurité est ici un argument de poids. Les cartes de crédit, si elles sont volées ou perdues, peuvent être utilisées relativement facilement par un tiers. Alors que la plupart des téléphones sont verrouillés par un code secret ou une protection biométrique. Le principal inconvénient d’un smartphone est qu’il a besoin d’une connexion Internet pour être utilisé….
Les applications de paiement mobiles dédiées sont nombreuses (Ali Pay, Apple Pay, Samsung Pay, etc.). Elles s’étendent progressivement dans le monde entier. Leur développement est exponentiel dans les pays asiatiques, et là où les infrastructures bancaires sont faibles ou défaillantes.
En effet, de nombreux adultes dans le monde n’ont pas accès à un compte bancaire. (environ 1,7 milliards selon une enquête de la Banque mondiale en 2017). Mais ils ont accès à des téléphones mobiles, et cela entraîne une augmentation très importante de l’utilisation des systèmes de paiement mobile qui ne nécessitent pas de compte bancaire.
Les “nouvelles” applis de paiement avec les mobiles
La pionnière est sans conteste M-Pesa au Kenya qui, dès 2007, permettait le transfert et le paiement par téléphone (SMS) avant même l’ère du smartphone ! Paytm en Inde, WeChat Pay en Chine, Swish en Suède depuis 2012, Venmo aux États Unis, Paylib (devenu Wero) en France, Allemagne et Belgique, Bizum en Espagne, Pix au Brésil depuis 2020….
Ces applis permettent de transférer en temps réel, simplement, sans commission, de l’argent entre deux particuliers. Imaginé à l’origine pour des transactions entre particuliers, le service s’étend progressivement aux petits commerces et aux sites d’e-commerce. Ainsi la numérisation des paiements est-elle devenue, notamment dans les pays en développement, un vecteur non négligeable d’inclusion sociale.
Les cryptomonnaies
Les monnaies telles que le Bitcoin, l’Ethereum et le Litecoin offrent aussi une alternative décentralisée et sécurisée aux paiements traditionnels. Les utilisateurs peuvent effectuer des transactions en utilisant des portefeuilles électroniques et des QR codes, sans avoir besoin d’une carte ou d’un compte bancaire. Mais ces supports et moyens de paiement, en raison de leur volatilité, sont-ils réellement faits pour les entreprises ? (Voir notre article Le Bitcoin est-il fait pour les entreprises ?)
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